Pascaline a la quarantaine un peu difficile. Rien de grave a priori, mais rien de réjouissant non plus. Alors lorsqu’elle visite et accède à ce petit appartement rue Dambre, elle prend ce
changement comme un nouveau départ. Une nouvelle vie qui commence. Mais elle apprend qu’un crime terrible a eu lieu dans son studio, dans sa chambre même, des années plus tôt. L’angoisse du passé
qui ressurgit en elle comme hurlé par les murs qui l’entourent va se transformer en une projection de son propre passé. Elle suit les pas de l’assassin et de ses victimes, des familles
écartelées, et personne ne semble la comprendre. C’est aux abords de la folie qu’elle a rendez-vous avec elle-même et sa fille, décédée quinze ans plus tôt.
Après Elle s'appelait Sarah, Tatiana de Rosnay nous propose un récit court et dense. La tension monte pendant tout le livre, pour atteindre son paroxysme dans les toutes dernières pages,
jusqu’à la dernière ligne. S’il n’y a rien d'exceptionnellement original dans cet ouvrage, il faut avouer que la dynamique fonctionne. On se fait prendre à cette tristesse en phase d’explosion,
et les pages se dévorent d’une traite.
Appréciation : 

Aurélien a les yeux qui brillent. Ils brillent de ses rêves et de ses désirs, de ses joies à venir, de ses folies et de ses ambitions. Ils brillent de l’objet de ses recherches : l’or
de sa vie. D’abord apiculteur dans son village natal, il décide, suite à la destruction de sa récolte, de partir en Abyssinie pour se faire chercheur d’or, justement. C’est un véritable parcours
initiatique qu’il entame au cœur des dangers de ce pays, l’amour n’en étant pas des moindres, pour finalement revenir dans son village avec un projet titanesque qui doit enfin concrétiser tous
ses rêves, et le rendre riche de lui-même.
On passe un moment agréable, l’histoire est jolie et peut s’offrir en cadeau, mais l’emballage manque un peu de surprises, l’écriture de brillants. Le même thème ayant été traité
quasiment à l’identique par Alessandro Baricco dans Soie, La Muse vous recommande ce dernier ouvrage, petit bijou littéraire.
Appréciation : 
En quatrième de couverture l’éditeur surligne : « La confession impertinente et sensuelle d’une Shéhérazade moderne ». « Un livre
incandescent. Un évènement dans le monde arabe ». Un peu racoleur tout de même, après lecture.
En fait, il s’agit du livre d’une intellectuelle syrienne qui aime le plaisir de l’amour et qui va chercher dans les écrits érotiques de la littérature arabe, une sorte de justification à
la sensualité.
On sait dès le début qu’un amant merveilleux a croisé sa route (elle le nomme le Penseur…) et que leur complicité sensuelle lui a permis d’adopter définitivement le goût de l’amour
multiplié par les expériences. Ainsi la révélation complète et l’aboutissement du plaisir ne serait pas dans l’engagement vers un seul mais bien dans la multiplicité des horizons dermiques.
Pourquoi pas.
Pourtant les quelques témoignages ne sont pas très convaincants, plutôt froids, et que sauf à croiser quelques lignes où la poésie érotique arabe est délectable, il n’y a rien de très
probant ni de très impertinent dans cet ouvrage.
La couverture du livre est très belle, cela ne suffit pas à en faire un évènement.
A lire, pour vraiment essayer d’appréhender la complexité et la sexualité d’une femme arabe à travers un témoignage : L’amande – Nedjma (paru en 2004) - Pocket
Appréciation : 
Sorti de l’enfer des tours du World Trade Center, Keith revient à l’appartement de son ex-femme, couvert de cendres et de sang, divaguant à moitié, comme par instinct, une mallette qui ne lui
appartient pas dans la main. « L’après » se déroule tout seul, sans heurt et sans volonté, chacun suit les traces de ses névroses et retourne sans cesse sur ses pas. Si Keith reprends une vie de
famille depuis longtemps abandonnée, c’est dans les bras d’une autre rescapée qu’il tombe, comme sa femme tombe dans les oublis de ses patients atteints d’Alzheimer, qui font tout pour se
rappeler comment c’était avant. Mais c’est comme si « avant » n’existait plus pour personne. L’apocalypse semble née le 11 septembre et ne cesse de s’étendre, moins chaotique que méthodique. Les
vies ne se reforment pas tout à fait, et chacun est cet « homme qui tombe » des toits ou des gares, dans une mise en scène macabre et dérangeante, de « l’art de rue » pour crier en silence un
mal-être touchant toute l’Amérique.
Roz et Lil entretiennent depuis toujours une relation amicale fusionnelle. Leurs maris n’ayant jamais trouvé place dans ce duo, disparaissent tout naturellement. Restent leurs fils, tous deux
accrochés à leurs robes comme à des bouées de tendresse. Jusqu’au jour où les relations évoluent, s’épanouissent, où les garçons deviennent de beaux jeunes hommes, où l’amour finit par vaincre
les non-dits et les règles de la bienséance. Les relations se complexifient encore, les fusions s’opèrent à quatre, les mots, les sentiments et les caresses enferment chacun des personnages dans
un rôle qu’il sait transitoire. Forcément. Il faut bien, après tout, que les garçons se marient et deviennent père…
Doris Lessing, Prix Nobel de Littérature 2007, est âgée de 84 ans lorsqu’elle écrit ce court roman sulfureux, y livrant une version de grand-mères particulièrement délurée.
La plume légère et le verbe simple, c’est tout en finesse qu’elle parvient à décrire une situation pourtant complexe et improbable.
Un hors d’œuvre doux-amer à savourer avec humour.
Appréciation : 

« La beauté des jeunes gens, bon, ce n’est pas si simple…Il y a un âge, un âge éphémère, vers seize, dix-sept ans, où ils ont une aura poétique. On dirait de jeunes dieux. Il arrive que leur
famille ou leurs amis soient intimidés par ces êtres qui ont l’air de visiteurs venus d’une atmosphère plus pure. Ils n’en ont souvent pas conscience, se faisant davantage l’effet de paquets mal
ficelés qu’ils essaient d’empêcher de se défaire. »
Un beau matin, Jane découvre sur son paillasson un paquet contenant un manuscrit qui raconte avec moult détails l’histoire de sa vie.
Qui donc a épié Jane dans les moindres recoins de ses sentiments, de ses actions et de ses pensées ? Qui a pu avoir assez de toupet pour en faire un livre et le lui déposer en première lecture
?
Jane est elle d’accord avec cette version d’elle-même ? Qui soupçonne t'elle, dans son entourage, d’avoir lâchement utilisé ses confidences à des fins littéraires ?
Mais bon sang, c’est quoi le problème avec Jane ?
Catherine Cusset pour répondre à la question posée, propose une biographie, voire une radiographie du personnage central. Jusqu’au bout du livre, on attend de faire connaissance avec le véritable
narrateur.
Une enquête originale et palpitante !
Appréciation : 
