Marie habite le nord, le gris, la pluie, la brique rouge et la mer marron. Au chômage, elle s'occupe de ses enfants, de son mari, de sa maison, ou du moins elle est censée s'en
occuper, "puisqu’elle n'a que ça à faire". Elle déprime, se sent au bord du gouffre, sans réelle raison, si ce n'est qu'elle s'est construite dans un malheur qui ne lui laisse pas tellement de
latitude pour ne pas chavirer à l'approche du vide. Et puis un jour, une main se tend alors qu'elle est sur le point de se noyer dans le verre d'eau de son existence, celle d'un "kosovar" comme
on les appelle sans distinction. Un de ces réfugiés expurgés de Sangatte, qui traînent en ville et aux abords puisque fermer le centre ne les a pas fait disparaître, en essayant d'éviter les
passages à tabac des flics du coin en mal d'aventure. Elle reporte tout son être sans raison d'être sur ces êtres sans avenir, et abandonne petit à petit les siens dans un transfert affectif vers
eux, ceux qui n'ont rien, pas même le droit de survivre. Son unique sublimation possible est celle du gouffre qui l'attendait de toutes les manières.
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Une femme sans qualités, de Virginie Mouzat
Le voyage dans le passé, de Stefan Zweig
Le tigre blanc, de Aravind Adiga
Le secret de Caspar Jacobi, de Alberto Ongaro Battement d'ailes, de Milena Agus Journal, de Hélène Berr La Route, de Cormac Mc Carthy |
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Femme de chambre, de Markus Orths |
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Le vrai cul du diable, Percy Kemp |