Helen est une jeune fille de 18 ans hospitalisée pour l’opération d’une fissure anale. Depuis son lit d’hôpital, elle « fait le tour » de sa
région génito-anale et de toutes ses prouesses sexuelles en se remémorant comment elle s’en sert pour son plaisir et comment elle aime goûter les sécrétions en tout genre de son anatomie, voire
de celle d’autrui. Cela va des petits vers de peaux qu’elle grignote, à son extraordinaire passion pour le sperme, en passant par la sodomie qu’elle pratique de bon cœur, tout en se parfumant
derrière les oreilles de ses humeurs vaginales et en offrant à son sexe ce qu’il y a de meilleur en matière d’amant visionnaire. Helen nous décrit sa souffrance après l’intervention chirurgicale,
tout en nous régalant donc de ses rapports sexuels et de ses matières fécales le tout saupoudré de quelques visions terribles de sa mère et de son petit frère cherchant à s’anéantir en ouvrant le
gaz. Ah ! le fameux duo plaisir et souffrance ! Ce livre a été traduit dans plus de 27 pays et suscite parait-il un vrai débat. L’auteure de 30 ans dont c’est le premier roman, positionnerait cet
ouvrage comme un nouvel opus féministe qui dans un langage accessible, tordrait le coup à l’image hygiéniste et idéale de la femme. Peut-être que le « débat » est intéressant, peut-être qu’une
autre Virginie Despentes va remuer un peu la littérature et ses poncifs sociétaux, peut-être qu’il est bon de découvrir des auteurs contemporains qui s’expriment dans un roman différent et nous
offrent une possibilité de comprendre de nouveaux modes de vie. A vrai dire, on s’emmerde ferme dans ce livre, et le mot est choisi. Certes, il y a un ton, de l’humour, mais quel rabâchage !
J’avoue que passées les 100 premières pages, j’ai parcouru vite fait les dernières… Car malgré une volonté assez lisible de choquer le lecteur, il n’y a absolument aucun fond et l’étalage de
crudités n’en fait qu’un menu bon marché, répétitif et ennuyeux. La fin, digne d’un film de Walt Disney, Hélène part avec son infirmier vivre une histoire d’amour, remet vite en place la
provocante narratrice qui finira avec un herpès ou au pire une mycose (ce qui la décevrait surement) à force de s’essuyer sur la cuvette des toilettes publiques. Pas de quoi en faire une thèse…
Reste l’engouement que provoque ce roman partout où l’auteure donne des lectures et qui tendrait à prouver que le stade annal dans l’écriture, est bien difficile à dépasser.
Charlotte Roche, Zones humides, Editions Anabet
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