Le comte de Saint-Hilaire, ancien ambassadeur, a été abattu dans son bureau, en
pleine nuit. L’agresseur n’a pas fait dans la dentelle : une première balle qui a tué le comte instantanément, et trois autres, bizarrement tirées dans le dos, comme par acharnement. Malgré cette
sauvagerie, le meurtrier a ensuite pris soin d’éliminer tout indice potentiel, avec une minutie rarement égalée. Personne ne voit comment il a pu entrer et sortir de l’appartement du comte. La
bonne n’a rien entendu. Le comte n’avait pas d’ennemi, ni de fortune à léguer. Le mobile paraît inexistant, les quelques personnes de son entourage hors de tous soupçons, et tous pourvus d’alibis
imparables.
Maigret se lance dans une enquête difficile, dans un milieu qu’il ne connait pas et ne comprend que peu. Malgré les réticences des autorités, il décide de tirer sur le seul fil qu’il ait entre
les doigts, ténu : celui d’un amour impossible, entretenu à distance pendant près de cinquante ans, avec une femme contrainte d’épouser un meilleur parti que celui de Saint-Hilaire.
Quel plaisir toujours renouvelé de retrouver la plume de Simenon et la clairvoyance bourrue de son héros principal, le commissaire Maigret ! Comme toujours, l’énigme semble impossible à
résoudre, et son dénouement est une incroyable surprise. Comme toujours, là n’est pas l’essentiel, loin s’en faut. Seule compte cette écriture concise, et sa parfaite intelligence avec l’œil
subtil de l’auteur, qui décrit en quelques traits tous types de milieux sociaux avec une précision d’orfèvre. Simenon, l’un des grands auteurs humanistes ?
Georges Simenon, Maigret et les vieillards, Le Livre de Poche, 160 pages
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