Mardi 4 novembre 2008

François Villon naît en ce début de XVème siècle, le jour de l'execution de Jeanne d'Arc, comme un présage des tumultes qui suivront ce grand poète français tout au long de sa vie. Son père est pendu pour de menus larcins, et sa mère bientôt enterrée vivante pour avoir volé de quoi nourrir son enfant.
Les temps sont parmi les plus cruels de l'Histoire de France, et le petit Villon, receuilli par un chanoine, en prend vite son parti. Il devient moine par la force des choses, et tourne délinquant pour la forme et la rigolade. Ses premiers poèmes se propagent dans le Paris populaire, atteignent quelques grands. Ses premiers crimes restent impunis, et l'engagent à aller toujours plus loin dans sa révolte. Son premier amour est sincère, mais François est loin d'imaginer la douleur qu'il décidera de lui infliger. Lorsqu'il croise le chemin des Coquillards, célèbre bande de vandales, assoiffée d'or et de sang, la vie de François Villon prend un tournant définitif.

Après Rimbaud et Verlaine, et avant Le Montespan, Jean Teulé propose un roman historique imagé, riche en découvertes et aventures. Comme pour Le Montespan, il abuse un peu des scènes paillardes, ou des descriptions de violences, mais, entre sourires et dégoûts, on avoue passer un bon moment à l'écoute des histoires de M. Jean.

Du même auteur : Le magasin des suicides, Le Montespan

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Jeudi 7 août 2008

« Chiens de la casse : chiens enragés, abandonnés et prêts à tout pour s’extraire de la boue,  c’est le nom que se donnent  entre eux les jeunes des quartiers. »
Benhadji est un enfant de la cité, issu de parents immigrés, copain avec la petite frappe du coin, toujours emberlificoté dans des coups foireux. Il aime la musique, il a le sens de l’amitié et il rêve de pouvoir vivre un jour, comme les gens biens, ceux qui ont les moyens.
Le parcours du héros est d’une logique implacable, les « bêtises » à la mesure de l’âge du capitaine qui voudrait juste ne pas devenir un smicard méprisé. Mais comment faire ?
Alors, de mauvaises rencontres en mauvaises expériences, Benhadji, dit Bob, va faire de la prison, serrer les dents, serrer les fesses et essayer malgré tout de devenir quelqu’un.
Mais qu’est ce qu’on peut faire de sa peau quand on a aucun diplôme, aucun appui, et que l’attention que l’on vous porte n’est pavé que de mauvaises intentions ?
Trahi, déçu, sans cesse sollicité par tous ceux qu’il aimerait fuir mais qui sont finalement ses seuls amis… Bob erre.

Crochet droit, crochet gauche, personne ne tend l’autre joue dans le livre de Mouss Bénia, on encaisse, on rend, on frappe plus fort. C’est la loi.
L’écriture est plutôt drôle avec cette langue enrichie d’un vocabulaire « made in aujourd’hui dans les banlieues des grandes villes ».
Et, dans ce style «  boxeur », Mouss Benia affirme que tous les chiens de la meute hurlent à la mort. Bob, quant à lui, finira à la casse.

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Vendredi 1 août 2008

Marie Basmati est maire de La Chapelle. Elle connait sa ville comme personne, et lui consacre l’essentiel de son temps. Elle la parcourt tous les matins, arrive à la mairie la première et en part la dernière. Elle passe d’un rendez-vous à l’autre, discute avec les habitants, les commerçants, la police, propose des solutions, met en place des opérations, et ne se soucie guerre des coups bas de ses adversaires. Bref, elle aime sa ville et ses responsabilités, qu’elle prend très à cœur. L’arrivée de Masmaïl, jeune beur mystérieux qui affiche une détermination farouche et qu’elle essaie de pousser à s’intéresser lui aussi à sa ville, va bouleverser sa vie.

Bon, et alors ? Quand bien même l’on croirait à cette relation somme toute assez invraisemblable, on ne voit pas très bien où tout cela nous mène.

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Mardi 29 juillet 2008

L’ordinaire est en marche et au milieu, comme un arbre sur le bitume, l’amour pousse. Dans la rencontre de deux êtres, Raphaëlle Billetdoux convoque toute la magie, tout l’espoir et le suspens d’une histoire naissante. Les corps se croisent et s’aimantent, le bonheur illumine l’avenir naissant.
Mais qui est l’autre que l’on reçoit dans sa chair ? Tomber amoureux est-ce tomber bien bas ? Apprendre la vérité d’un homme, est-ce co-naître ? (comme l’écrit Camille Laurens). De quelle virginité s’auréolent un homme et une femme amoureux et qui ont pourtant souffert par amour ?
La certitude s’ébranle et l’homme et la femme se découvrent dans leurs manques, leurs erreurs, et leurs mensonges.
Arrive le passé qui roue de coups un  présent qui paraissait si radieux.
Jusqu’à quel point peut-on se tromper d’amour ? Le passé de chacun est-il acceptable ? Que leur dit-il ?

Raphaëlle Billetdoux dans une écriture poétique, parfois même mystérieuse, sonde la machinerie amoureuse pour en extraire les battements syncopés de l’émotion.
C’est fou une fille quand, et comme ça aime.


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Jeudi 24 juillet 2008

Sullivan Chance est repéré par un producteur audiovisuel qui voit en lui le plus grand looser des Etats-Unis. Sautant sur l’occasion, il en fait le héros improbable de sa nouvelle série de télé-réalité, le Phileas Challenge. Le principe en est simple : à l'instar du héros de Jules Verne, Sullivan Chance doit faire le tour du monde en 80 jours, sans aucune ressource, pour gagner 3 millions de dollars. Sullivan part donc, sans enthousiasme démesuré, et fait tranquillement son chemin autour du globe, autant physiquement que psychologiquement. Il n’est animé que par un objectif : la quête de soi en général, et celle de l’amour en particulier. Il apparaît petit à petit bien loin de ses apparences, et devient vite le symbole de toute une génération.
Le narrateur suit sa trace, et, de rencontres en découvertes, tente de comprendre qui a bien pu assassiner Sullivan à son retour et pourquoi, sans se douter un seul instant du retournement de situation qui l'attend.

Audimat Circus est un roman initiatique animé d’une écriture alerte, souvent humoristique, sous tendu par une critique de la société de consommation rondement menée. Rien d’incontournable dans ce Candide moderne, mais l’on passe un bon moment, léger et amusant.

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Mardi 22 juillet 2008

Adèle conduit à travers la montagne, par tous les temps, à l’heure du soleil froid et des joues rougies par le gel matinal, un petit bus scolaire qui transporte petits et grands vers leurs écoles respectives. Elle fait ce métier depuis dix ans pour la mairie du bourg qu’elle habite. Observatrice attentionnée, elle connaît son monde sur le bout de ses cils, et décrypte chaque geste de « ses » ados en création d’eux-mêmes. Lorsque son frère, qu’elle n’a pas vu depuis une décennie, est de retour dans la région, la vie des enfants se mélange à son passé, des paysages traversés ressurgissent les joies et les angoisses d’une enfance troublée par une crise identitaire grave, malgré l’amour et le partage. En effet, Adèle enfant n’était pas la sœur d’Axel mais son frère. Et si elle connaît si bien la région et ses habitants, c’est qu’elle est revenue sur les lieux où elle fut petit garçon, sans que personne n’en sache rien.

Un récit touchant et original, servi par une langue fluide et poétique. Un roman très agréable, qui retranscrit à merveille des émotions simples et des sentiments confus, et offre juste ce qu’il faut de larmes et de chaleur.

Lire les premières pages du livre ICI !

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Jeudi 17 juillet 2008

Comment écrire sur son amour sans paraître solennel, voire emphatique ?

Peut-être simplement en parlant de soi et de l’être aimé. Celle qui a inspiré ses écrits à André Gorz est une femme maintenant vieille et malade. C’est ainsi qu’il la voit et pourtant l’amour est là, plus fort que jamais.

De leur rencontre, de leur vie, l’auteur fait un récit tendre, sans complaisance avec ses erreurs de jugement. Un récit dans lequel irradie cette lumière qui illumine sa vie, sa femme.

Le parcours d’une vie est tracé sans autre motivation que de continuer à vivre avec elle, à le lui dire et à la chérir.

On lit avec beaucoup d’émotion l’histoire d’un homme et d’une femme qui ont refait le monde à leur image, traversé cette vie ensemble. Une histoire singulière et pourtant universelle, à l’image d’un amour digne et profond.

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« Tu vas avoir quatre-vingt deux ans. Tu as rapetissé de six centimètres, tu ne pèses que quarante-cinq kilos et tu es toujours belle, gracieuse et désirable. Cela fait cinquante-huit ans que nous vivons ensemble et je t’aime plus que jamais. Je porte de nouveau au creux de ma poitrine un vide dévorant que seule comble la chaleur de ton corps contre le mien. »

Pour en savoir plus sur André Gorz et cette lettre d'amour : cliquez ici

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Mercredi 9 juillet 2008

Une famille au fin fond du Wisconsin, tourmentée et perdue, en déliquescence face à la rudesse du pays et la violence du père. Les drames se suivent, se croisent, se chevauchent, se lient les uns aux autres. Les personnages ont beau tirer sur les fils de leurs existences, ils ne peuvent démêler la bobine de leur passé. Quelques morts terribles ou libératrices plus loin, il ne reste que peu de choses de ce livre pourtant prometteur. Les 3 premières pages sont magnifiques. Les 435 suivantes un rien inutiles malgré une descente infernale qui pousse à tourner les pages pour en savoir la fin.

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"L'automne le rendait plus conscient de sa condition mortelle, et pourtant chaque année sa poitrine se gonflait d'excitation, le changement à venir réveillait ses sens. Il percevait avec une acuité particulière l'odeur piquante de l'écorce humide et des feuilles mouillées, la senteur âpre des pins, la fertilité parcheminée de l'herbe desséchée. Les feuillages déclinant toutes les nuances du feu, que la première tempête d'octobre emporterait comme de la fumée. L'étonnante beauté des branches nues dressées vers le ciel, comme s'il les avait deshabillées pour les mettre au lit."

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Lundi 30 juin 2008

Thomas Sheppard revient dans son village natal, un port d’Angleterre, après des années noires passées en prison. Thomas Sheppard est un marin comme un autre, à ceci près qu’il est un jour parti en mer avec son jeune fils et en est revenu seul. Personne ne sait ce qu’il s’est passé, mais Thomas a été accusé, a purgé sa peine, et revient sur les traces de sa vie alors qu’elle semble elle-même l’avoir abandonné, alors que personne ne veut de lui, alors que le temps n’effacera jamais les douleurs. La vie ne peut « reprendre son cours », mais elle continue, forcément.

Philippe Besson nous offre ici une descente aux abîmes bouleversante, celle d’un homme en équilibre sur le fil de son être. Un instant d’abandon fait partie des très bons Besson.

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Samedi 21 juin 2008

Les Kampf n'avaient pas le sous, ils ont donc du faire semblant pendant longtemps. Ils en ont maintenant, et tiennent à ce que cela se sache. Ils ont la possibilité d'être enfin reconnus à leur juste valeur dans la société qui depuis toujours aurait dû être la leur, et qui le sera maintenant à jamais. A cette fin, ils prévoient d'organiser un grand bal et d'y recevoir tout le gratin de la ville. Antoinette, leur jeune fille de 14 ans, y voit l'occasion de faire son entrée dans le "grand monde". Mais voilà, Mme Kampf mère refuse catégoriquement. Le conflit entre la mère et la fille est profond et sournois. Cela les mènera loin, beaucoup trop loin.

Un court récit qui a toute la puissance des plus grands romans. Une écriture fine et précise, où l'humour, la cruauté et la satire se côtoient subtilement. Le conflit mère-fille est croustillant. Comme à son habitude, Irène Némirovsky mène son lecteur exactement là où elle veut, et ce n'est qu'à la toute fin que celui-ci comprend à quel point il a suivi le chemin qu'elle a tracé.
Un petit bijou dans ce bel écrin de la collection Les Cahiers Rouges.
 

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Rentrée Littéraire 2008

CLIQUEZ sur les appréciations

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La Muse a ADORE ! Elle est certaine de prendre autant de plaisir à lire cet ouvrage dans une dizaine d'années !
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La Muse a AIME ! Cela plaira probablement à la plupart d'entre vous.
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La Muse a apprecié. Elle a bien aimé et trouve que ce livre présente un certain intérêt.
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La Muse a goûté. Elle a passé un bon moment mais a trouvé ce livre assez anecdotique. Vite lu et vite oublié.


LES NOUVEAUTES

 

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Coup de coeur
Le secret de
Caspar Jacobi

Le tigre blanc, de Aravind Adiga
Le secret de Caspar Jacobi, de Alberto Ongaro
Battement d'ailes, de Milena Agus
Journal, de Hélène Berr
La Route, de Cormac Mc Carthy
  

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Coup de coeur
Fugitives
Alice Munro

Fugitives, de Alice Munro
Où on va papa ?, de Jean-Louis Fournier
Ritournelle de la faim, de JMG Le Clézio
Egypt Farm, de Rachel Cusk
Un chasseur de lions, de Olivier Rolin
Les accomodements raisonnables, de Jean-Paul Dubois
La promenade des Russes, de Véronique Olmi
La chambre ardente, de Max Gallo
Le rêve de Machiavel, de Christophe Bataille
Dessous c'est l'enfer, de Claire Castillon
La porte des enfers, de Laurent Gaudé
Professeur Unrat, de Heinrich Mann
Le chant du moqueur, de William Goyen
La mémoire des murs, de Tatiana de Rosnay
Chaos calme
, de Sandro Veronesi 
La muette, de Chahdortt Djavann
La fortune de l'homme, de Anne Bochet

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Un brillant avenir, de Catherine Cusset
Mari et femme, de Régis de Sa Moreira
Sur la plage de Chesil, de Ian McEwan
Le fait du prince, de Amélie Nothomb
Vue sur la mère
, de Julien Almendros


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"La sagesse c'est d'avoir des rêves suffisament grands pour ne pas les perdre de vue lorsqu'on les poursuit"

Oscar Wilde (1854 - 1900)

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